Oui, de nombreux locataires suisses peuvent aujourd'hui demander une baisse de loyer : le taux de référence hypothécaire, utilisé pour fixer les loyers, a reculé à 1,25 % depuis le 2 septembre 2025, contre 1,50 % auparavant, selon l'annonce officielle de l'Office fédéral du logement (OFL). Concrètement, un bail encore basé sur l'ancien taux de 1,50 % ouvre en principe droit à une réduction du loyer net pouvant atteindre 2,91 %, selon l'OFL. Voici cinq raisons d'y regarder de plus près.

Le taux de référence a baissé : une fenêtre concrète

Le taux hypothécaire de référence, publié trimestriellement par l'OFL, sert de base légale pour ajuster les loyers à la hausse comme à la baisse. Après avoir grimpé jusqu'à 1,75 % fin 2023 dans le sillage des hausses de taux de la BNS, il a été abaissé à 1,50 % début 2025, puis à 1,25 % au 2 septembre 2025, selon l'OFL. Depuis, le taux est resté stable à 1,25 %, selon la RTS. Chaque recul de 0,25 point ouvre, en principe, un droit à réduction du loyer net pour les baux dont le loyer initial se référait à un taux plus élevé.

Cinq raisons de vérifier votre éligibilité

1. Le calcul joue objectivement en votre faveur

Selon l'OFL, un locataire dont le loyer repose sur l'ancien taux de 1,50 % peut en principe exiger jusqu'à 2,91 % de baisse sur son loyer net. Ce n'est pas une question d'appréciation : c'est un mécanisme prévu par le droit du bail.

2. La loi protège explicitement cette démarche

L'article 270a du Code des obligations (CO) permet au locataire de contester le loyer et d'en demander la réduction pour la prochaine échéance de résiliation, notamment en cas de baisse des charges du bailleur - dont le taux hypothécaire de référence. Les articles 269 et 269a CO, eux, sanctionnent les loyers procurant un rendement abusif au bailleur. Le bailleur dispose de 30 jours pour répondre ; en cas de refus, de réponse partielle ou de silence, le dossier peut être porté devant l'autorité de conciliation.

3. La démarche reste gratuite et sans risque de résiliation

Adresser une demande de baisse de loyer par écrit ne coûte rien et ne peut légalement pas servir de prétexte à une résiliation abusive du bail. Des associations de défense des locataires, comme l'ASLOCA, mettent à disposition des calculateurs et modèles de lettre ; des services comme BaisseTonLoyer permettent aussi de vérifier son éligibilité selon son canton et de générer une lettre adaptée à sa gérance en quelques minutes.

4. Beaucoup de locataires n'ont simplement jamais demandé

Une part importante des locataires ignore que leur loyer peut suivre l'évolution du taux de référence, ou renonce faute de temps pour rassembler les documents (bail, dernières hausses/baisses notifiées, extrait du registre foncier). Or le droit existe indépendamment de la durée du bail en cours, tant que le loyer actuel n'a pas déjà intégré la baisse.

5. Les économies se cumulent dans la durée

Une réduction de quelques pourcents peut sembler modeste sur un mois, mais elle s'applique tant que le bail se poursuit aux mêmes conditions, ce qui représente plusieurs centaines de francs par an pour un loyer suisse moyen.

Reste un point de vigilance essentiel : la demande doit parvenir à la gérance avant le début du délai de résiliation applicable au bail (généralement trois mois avant l'échéance pour un logement), sans quoi elle ne pourra s'appliquer qu'à l'échéance suivante, selon l'ASLOCA. C'est précisément pour éviter de rater cette fenêtre qu'un outil comme BaisseTonLoyer vérifie l'éligibilité canton par canton et prépare une lettre prête à envoyer dans les délais.

FAQ

  • Le taux de référence peut-il encore baisser en 2026 ?

    Selon la RTS, l'OFL a maintenu le taux à 1,25 % lors de la publication la plus récente, sans nouvelle baisse annoncée à ce stade ; la situation dépend de l'évolution des taux hypothécaires suivis par l'OFL.

  • Mon bail a été signé récemment, puis-je quand même demander une baisse ?

    Cela dépend du taux de référence mentionné dans votre dernier avis de fixation ou de modification de loyer : seule une différence avec le taux actuel ouvre un droit à réduction, selon le mécanisme prévu par l'art. 270a CO.

  • Que se passe-t-il si la gérance refuse ma demande ?

    Le bailleur dispose de 30 jours pour répondre ; en cas de refus ou d'absence de réponse, le locataire peut saisir l'autorité de conciliation de son canton dans les 30 jours suivants, selon l'ASLOCA.

Sources